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First Ladies: les premières dames sur le Mont Cervin

11.09.2013

Comme pour les hommes, la première ascension du Mont Cervin par une femme devint une date clé dans l’histoire des Alpes. L’Américaine Meta Brevoort et la Britannique Lucy Walker furent toutes deux considérées comme favorites pour ce trophée. Elles se rencontrèrent au cours de l’été 1871, juste après que la jeune Lucy se soit assuré le succès.

Text ©: Caroline Fink

Le 22 juillet 1871, un télégramme en provenance de Zermatt parvient à la rédaction du journal «Journal de Genève». La Britannique Lucy Walker (1836-1916) a réussi: elle est la première femme à être parvenue au sommet du Mont Cervin – vêtue d’une jupe de flanelle, comme toutes les dames à l’Époque victorienne. Elle décroche ainsi le fleuron de l’alpinisme féminin, seulement six ans après que le Britannique Edward Whymper ait été le premier homme à conquérir cette montagne. La nouvelle se propage rapidement en Europe et en outre-mer. Seulement quatre jours après, le magazine britannique Punch consacre même à Lucy Walker un poème intitulé «A Lady has Clomb to the Matterhorn’s Summit»:

No glacier can baffle, no precipice balk her,
No peak rise above her, however sublime,
Give three times three cheers for intrepid Miss Walker,
I say, my boys, doesn’t she know how to climb!

Le Mont Cervin: le plus beau des trophées
Comme par les hommes, l’ascension du Mont Cervin était considérée comme le plus beau des trophées par les femmes alpinistes. Lucy Walker n’était donc pas la seule à en rêver. De nombreuses femmes tentaient également de gravir cette montagne, et surtout Meta Brevoort (1825-1876), une Américaine originaire de New York qui s’était établie en Angleterre. Comme Miss Walker également, elle attira, au cours de la deuxième moitié des années 1860, l’attention sur elle grâce à d’importantes ascensions et entreprit déjà en 1869 de s’attaquer au Mont Cervin. Durant sa tentative elle parvint par le versant italien à une altitude d’environ 4 000 mètres mais le mauvais temps l’obligea à faire demi-tour. Deux ans après, Meta Brevoort voulut en avoir le cœur net: elle décide alors de se rendre à Zermatt et de réitérer sa tentative. Mais Lucy Walker est déjà sur place, a vent des projets de l’Américaine et constitue rapidement une troupe pour amorcer une tentative d’ascension de la montagne «Horu» qui lui permettra de devenir l’alpiniste la plus célèbre de son époque.
 
Noblesse oblige: des félicitations malgré la rivalité
Meta Brevoort se rend immédiatement après le succès de Lucy Erfolg dans la vallée de Zermatt et entend la «shocking news» – le plus beau trophée lui a échappé. Le soir même, Lucy et Meta se rencontrent à Zermatt. Nous ignorons ce que l’Américaine a ressenti à ce moment précis. Les sources mentionnent seulement: «There were congratulations.» En français: «Des félicitations ont été formulées.» – Noblesse oblige. Cette entrevue constitue l’unique rencontre des deux femmes alpinistes considérées comme les plus douées de leur époque. Ceci bien qu’elles mènent des vies très similaires: toutes deux sont issues d’un milieu aisé. Lucy Walker d’une famille de commerçants établie à Liverpool, Meta Brevoort d’une famille hollandaise ayant émigré à New York et fait fortune grâce à des propriétés foncières situées en centre-ville. Et toutes les deux sont extrêmement vives et pleines d’humour malgré les conventions victoriennes strictes de la société d’autrefois. Lucy était, selon sa nécrologie, connue pour «son caractère chaleureux, son humour et sa vivacité d’esprit» tandis que Meta se distinguait par une «vitalité incroyable et son don véritable de tout faire avec joie», affirme la chroniqueuse Cicely Williams.  

La médaille d’argent de Meta: la première traversée par les dames de la montagne «Horu»
Meta ne se laisse pas abattre non plus par le succès de Lucy au Mont Cervin. Elle attend des conditions favorables et devient le 5 septembre la première femme à avoir franchi la montagne «Horu» de Zermatt au Breuil (Cervinia), mais également à avoir conquis au cours des deux semaines suivantes le Weisshorn (4 506 mètres) et La Dent Blanche (4 357 mètres). Animée d’un besoin d’être active et nourrissant des projets d’alpinisme – elle rêvait même de gravir le Mont Everest - Meta Brevoort décède à Dorking en Angleterre cinq ans plus tard d’une cardite fulgurante. Lucy Walker réalise jusqu’en 1879 l’ascension d‘autres montagnes et revient aussi à Zermatt par la suite pour faire des randonnées en compagnie d’amis et de Melchior Anderegg, son guide de montagne également âgé. De 1913 à 1915, elle a, en outre, l’honneur de devenir la deuxième présidente à la tête du club britannique d’alpinisme féminin Ladies’ Alpine Club avant de quitter, elle aussi, le monde à l’âge de 80 ans.  

Première presentation du livre à Zermatt
Le premier vernissage public en Suisse pour le livre «Erste am Seil – Pionierinnen in Fels und Eis» aura lieu à Zermatt. Vendredi 4 octobre 2013, à 19 h 30 Musée du Mont Cervin Stations audiovisuelles et discussions avec les deux auteurs et les invités. Le présentateur de radio Michael Ganz animera la soirée.  

Informations sur le livre
En septembre 2013 paraît le livre «Erste am Seil – Pionierinnen in Fels und Eis» de Caroline Fink et de Karin Steinbach. Grâce à 26 portraits vivants et soigneusement élaborés ainsi qu’à des textes de fond, l’ouvrage illustre l’alpinisme féminin des premières pionnières des Alpes au 19ème siècle aux grimpeuses exceptionnelles d’aujourd’hui en passant par les alpinistes extrêmes du monde entier.

Caroline Fink, Karin Steinbach: Erste am Seil – Pionierinnen in Fels und Eis. Tyrolia Verlag, Innsbruck 2013. ISBN 978-3-7022-3252-8, 304 S., ca. 80 Abbildungen, Fr. 39.–.  


Lucy Walker et son guide de montagne Melchior Anderegg à Zermatt «when their climbing days were past». (Source: Cicely Williams, Women on the Rope)

Présentation du livre à Zermatt le 4 octobre 2013, Matterhorn Museum.

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